Peintre & sculpteur - Catalogues raisonnés

Patrick DUPRETZ, peintures géométrie




Patrick DUPRETZ, peintures géométrie

Préface

Dés le début de mon adolescence, l’attrait visuel envers l’art géométrique me vient de la vision de peinture cubiste et a contribué à me stimuler à la pratique de l’art pictural. Puis la découverte des géométries de Mondrian m’envoûta, bien qu’il eût chez moi une réticence à la pratiquer de suite : il me semblait qu’il me fallait aussi tout apprendre de la manière réaliste de peindre.
La pratique de recherche de couleur et de valeur , la recherche des procédés de géométrie primaire pour la construction de mes tableaux, me permit d’appréhender l’art géométrique de façon simple et surtout y trouver mes premiers émois et excitations dans la contemplation de la couleur.

Ce n’est qu’a l’âge de 35 ans, après la visite d’une exposition d’Aurélie Nemours et Heurtaux que j’entrepris de trouver mon style dans cette forme de peinture.

Il faut savoir que mes peintures figuratives ou illustratives, je les ai toujours construites avec des schémas géométriques, ( la section d’or ou par compartimentage).

Ainsi peu à peu j’appris les suites des nombres puis l’importance des angles et du cercle. Alors sur le même principe je construisis mes œuvres géométriques remplaçant mes figures inspirées de la nature par des figures géométriques pures qui me semblèrent à la longue devenir décoratives.

C’est pourquoi j’abandonnais cette manière pour revenir à la peinture du réalisme poétique, abandonnant toute imagerie surréaliste qui de toute manière ne pouvait surpasser la peinture fantastique d’un Jérôme Bosch et aussi cette sur réalité plus proche du jeu de mots de bistrot d’un Magritte ou de l’imaginaire superficiel d’un Dali.

Les grands peintres inventeurs dans la «surréalité» restant pour moi Paul Klee, Picasso, Miro qui ont tous utilisé la géométrie comme moteur constructeur de leurs œuvres.

Dans mes dernières oeuvres par pure intuition, une nouvelle foi je m’adonne à l’art géométrique et j’en viens à un concept que j’appelle la «sémiologie visuelle», c’est à dire l’ étude des signes plastiques. Je les énumère ( la couleur, la forme, la texture).Cette grammaire est une rhétorique visuelle ( invention, disposition), qui met en valeur non le signe pour le signe, mais le signe comme partie d’un tout transcendé, sublimé. Icône d’un signe construit par la géométrie amenant une représentation par analogie, parfois attachée à l’image des objets aux phénomènes représentatifs des êtres. Ces signes signifiants aident simplement à concrétiser la poésie, le temps, l’espace...

Pour guider l’imaginaire du spectateur dans un monde allusif qui laisse toute la liberté d’interprétation à chacun et même à son créateur.

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L’art concret n’est pas un dogme, pas un « isme », il est l’expression d’une pensée intellectuelle. Il connaît une pluralité de langages.
L’art concret est déterminé par le résultat, par la visualisation d’une pensée et non d’une méthode.
L’art concret est le reflet de l’esprit humain pour l’esprit humain.
L’art concret s’oppose au sentimental, s’oppose au mysticisme.
L’art concret n’est pas une interprétation, une illustration, un symbole. Il est le réel.
L’art concret n’est pas une transposition de la nature.
L’art concret n’est pas une abstraction.
L’art concret n’est pas narratif, littéraire. Il est proche de la musique.
L’art concret prend forme avec l’aide de la couleur, de l’espace, de la lumière, du mouvement. C’est ainsi qu’il se concrétise.
L’art concret ne témoigne pas du privé. Il confirme l’universel.
L’art concret est lié à l’architecture, au dessin industriel.
L’art concret englobe le monde artificiel. Il ne différencie pas l’Art de l’art appliqué. La différence se situe dans la fonction.
L’art concret veut mobiliser notre sens esthétique, notre créativité, notre conscience sociale.
L’art concret veut clarifier, participer à l’harmonisation de notre monde artificiel.
L’art concret prend ce qu’il peut pourvu qu’il contribue à propulser la vie, la vraie.

Theo Van Doesburg